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Heureusement, nous ne nous battions pas comme ça !

J’ai récemment regardé RED.

Adaptation Cinématographique de RED
Adaptation Cinématographique de RED

R.E.D. c’est pour Retraité Extrêmement Dangereux. Des retraités de la CIA reprenne du service involontairement mais avec plaisir pour vivre une aventure menée tambours battants par le spécialiste américain de « l’espionnage et châtaignes », Bruce Willis.

Tous les clichés sont là, de ceux du cinéma américain à ceux concernant la CIA. Donc, j’ai doré !

J’ai très vite enchaîné par R.E.D. 2.

Bon, on retombe d’un cran dans la qualité, malgré l’arrivée de nouveaux acteurs de marque, dont le beau gosse de service Byung Hun Lee.

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Byung Hun Lee dans le rôle de Han Cho Bai, charismatique tueur spécialiste des arts martiaux.

Le personnage de Han Cho Bai est l’un des meilleurs tueurs à gage au monde. Son origine asiatique semble justifier sa pratique martiale.

Il maîtrise donc l’art subtil de tuer en toute discrétion et celui de distribuer des bourres-pif façon kung fu.

Je trouve qu’il y a actuellement de belles originalités quand au style martial employé par les chorégraphes de cinéma. L’aïkido percutant de Steven Seagal, l’arnis de Jeff Imada (que pratique Matt Damon dans La mémoire dans la peau), le muay thaï boran avec Tony Jaa, le judo qui revient un peu dans les film chinois, le krav maga, le wing chun…

Au cinéma, impressionner compte autant que se battre
Au cinéma, l’originalité fait vendre

Du coup, il est un peu dommage de voir et revoir des scènes de combats un peu trop similaires qui font que chasseurs de vampires, gangsters, anges et même Robin des bois sont des pratiquants assidus de kung fu.

Ici, dans RED, le mélange des genres est plutôt sympathique. Il y a le bon vieux boxeur, un peu de jiu-jitsu brésilien, quelques trucs directs et très simples qui sont assez proche de ce qui marche le plus, du kung fu/taekwondo (encore ! mais plutôt bien interprété, si ce n’est que les enchainements sont constamment coupé pour changer de plan).

Des coups de pieds audacieux, ou l'esthétisme prime sur le réel
Des coups de pieds audacieux, ou l’esthétisme prime sur le réel

Quand est-il pour de vrai ?

Je le dis tout de suite, pour la CIA il faut aller voir sur National Géographique. Ce n’est pas mon domaine.

En France, la nécessité de formations assez courtes a toujours incité à rester sur des choses simples, empruntes de bon sens et d’une connaissance de bases des points vitaux principaux. Donc, pas de coup de pieds sautés, de revers retournés…

Depuis le close combat de la seconde-guerre mondiale, les choses ont changé et c’est tant mieux ! Ces 25 dernières années ont vues des réformes régulières des systèmes de combats des hommes de terrain.

La cause n’est pas la rencontre sur le terrain de combattants plus aguerris mais l’augmentation du nombre d’engagés déjà pratiquants d’art martiaux. La démocratisation de nombreuses écoles jusqu’alors confidentielle en France a favoriser cet essor. Les soldats déjà pratiquants ont étudié un panel plus large de techniques.

Il persiste toutefois des techniques qui ne permettent pas d’éviter la blessure si l’adversaire fait montre d’une réelle agressivité ou d’un minimum de sens du combat. Mais les choses sont longues à changer dans nos vieilles institutions.

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Des classiques toujours enseignés, quoi qu’un peu obsolètes en l’état.

Dans les forces spéciales les choses sont un peu différentes. Le taux de ceintures noires y est élevé et les moniteurs ou instructeurs en combat au corps-à-corps sont nombreux chez les sous officiers.

Dans les unités hyperspécialisées (renseignement, opérations spéciales, GIGN…), c’est encore autre chose.

Le GIGN par exemple (que je n’ai pas fréquenté), les stages avec différents enseignants renommés se sont enchainés. Son besoin de techniques explosives d’intervention s’est concentré un temps sur le krav-maga. Maintenant, ce sont les membres eux-même qui se perfectionnent et apportent leurs savoirs aux autres sans qu’il n’y ai besoin de faire appel à des intervenants extérieurs.

Il en était un peu de même pour les unités dans lesquelles j’ai travaillé. Comme tout militaire, nous courrions tous les matins, du footing urbain au raid dans la garrigue. Puis nous alternions ensuite entre la salle de combat et la salle de musculation.

Le combat.

En réalité, nous nous retrouvions au dojo dès qu’un moment de libre le permettait pour combattre ensemble en ju-jutsu brésilien ou en boxe thaïlandaise. Certains étaient dans le civil des compétiteurs aguerris, en free-fight, jissen karate, muay thaï ou encore en judo.

Malgré tout, le gros de l’entrainement restait la boxe. Les techniques de grappling n’avaient pas les faveurs lors des entrainements collectifs. Les raisons ?

La base était la boxe, pour forger l'esprit
La base était la boxe, pour forger l’esprit

Si elles ont démontré leur efficacité au sein de la cage de l’UFC ou sur les rings, il en est tout autres dans des environnements hostiles et accidentés, qu’ils soient urbains ou forestiers.

En un contre un, il est vrai que l’on peut vite se retrouver à s’agripper et se retrouver au sol. Mais cela est à éviter dès que l’on se retrouve à deux contre deux, deux contre cinq…

La perte de verticalité met en position d'inferiorité
La perte de verticalité met en position d’infériorité

Ensuite, le fait de porter sur soi du matériel, sac à dos, poches pleines, ou appareil photo autour du coup change grandement la donne et ne permet plus les mêmes mouvements, Naturellement, on a dans ce cas tendance à mouvoir le corps de façon homo-latérale, bien que ce ne soit pas une composante recherchée ou enseignée. Les pratiquant de karaté ou d’aïkido y sont généralement plus à l’aise, s’ils ne restent pas figés dans leur forme.

Un équipement qui ne permet pas la fantaisie
Un équipement qui ne permet pas la fantaisie

Et le dernier élément à prendre en compte et non le moindre, la présence d’armement, sur soi ou sur les autres. L’utilisation priorisées ou pas des armes à feu, leur présence en main, à la cuisse ou sous la veste sont des critères qui sont peu abordés dans les arts martiaux mais qui étaient primordiaux pour nous.

Pour ma part, j’arrivais avec un bon passif en judo, muay thaï et certains ju-jutsu, où j’étais déjà instructeur.

J’aimais aussi beaucoup l’aïkido que j’avais pratiqué avec d’éminents professeurs, mais maintenant que je ne me consacre quasiment plus qu’à cette discipline (avec le sabre et quelques autres douceurs…), je me rends compte que je n’y avait rien compris, me contentant d’utiliser seulement les axes et les leviers, qui ne sont qu’une toute petite partie de la base de la compréhension de cet art.

Cependant, à cette époque, le plus gros de ma pratique martial et de ma forme de corps étaient celles étudiées au sein des dojos de Shorinji Kempo, ce qui, malgré la rigueur des formes, me permettait de m’adapter facilement à tout nouvel enseignement ou nouvelle situation.

Technique de contrôle du Shorinji Kempo
Technique de contrôle du Shorinji Kempo

Il n’y a donc pas de style exclusif retenu car c’est à chacun de se former en plus des stages spécifiques et d’ainsi venir enrichir les autres de ses expériences. Les qualités de l’individu priment sur le style martial.

Et quel individus ! M’entrainer avec eux m’a donné une approche très particulière du combat ou de comment appliquer une technique en situation réelle. Si la discrétion est parfois de mise, et j’ai moi-même pu par la suite mettre au point et enseigner tout un panel de techniques discrètes qui même filmées ne font pas montre d’agressivité, l’essentiel de nos entrainement est de nous amener à une rusticité de corps et à un esprit inflexible.

Ne pas reculer, frapper, saisir, tordre, pousser, déséquilibrer, se servir de n’importe quel objet, peu importe le moyen, le but n’est pas de gagner, c’est de ne jamais perdre.

Vincent Cassel, dans un style improvisé et expéditif, au cinéma.
Vincent Cassel, dans un style improvisé et expéditif, au cinéma.
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