Archives du mot-clé Ashtanga

Aurelia Voyer – 1/ La Passion en un Souffle.

Dans ma vie quotidienne, je croise et rencontre vraiment de nombreuses personnes. Que ce soit autour des bassins d’apnée, en mer, dans les dojos, les salons, sur les réseaux sociaux, les forums…

Malheureusement beaucoup ne sont que des figurants au milieu de la foule, voir des figurants dans leur propre vie. Mais certaines de ces personnes m’impressionnent, d’autres m’inspirent, quelques-unes me touchent particulièrement.

frtj
Fraicheur Aurélia , la fraîcheur au naturel.

 

Avec Aurélia, c’est tout ça à la fois.

 

Je suis un homme sensible. Je ne m’en cache pas et cela me sert bien plus que ça ne me dessert. Je suis un homme sensible mais aussi un homme entraîné. En tant que coach, mon expérience me donne un œil avisé. Lorsque j’ai croisé le profil électronique d’Aurélia, et malgré l’abondance de profils similaires, je me suis tout de suite arrêté. Pourquoi ? Je ne saurais le dire. Mais après quelques mails échangés, j’ai eu la conviction que je ne m’étais pas trompé. J’étais tombé sur une sportive enflammée par sa passion et au potentiel énorme. Aurélia est une femme entière. Elle se donne sans concession, pour sa famille, pour ses amis, pour son sport. Et son sport, c’est Vivre sans Air !

            

A peine débutante dans la discipline de l’Apnée Sportive, elle est rapidement devenue une rivale de taille pour les autres féminines. D’ailleurs, c’est avec les garçons qu’elle s’entraîne. La difficulté, entrer dans le dur, ça ne lui fait pas peur. 

C’est avec une fierté toute particulière que je l’ai vue gravir progressivement les marches des podiums, et c’est avec une grande émotion que je la vois devenir Championne d’Île de France, le 19 avril de cette année.

 

J’avais décidé de créer un fil rouge sur mon blog (voir La Transversale) nous permettant de la suivre dans son évolution et de l’écouter exprimer son vécu et ses émotions. Sans plus attendre, voici donc la première interview d’Aurélia Voyer pour Subo Subo.

Echange et Concentration
Échange et concentration avant une épreuve

  

 

Bonjour Aurélia, peux-tu nous parler de la discipline que tu pratiques et de ses particularités ?

Bonjour Fabien. Je pratique l’apnée en piscine. La mer m’est peu accessible, étant donné que j’habite à Paris, et plonger en carrière me refroidit au sens propre comme au figuré ! Je le fais uniquement pour préparer le A3 et améliorer ma technique. J’envisage par contre d’emménager dans le sud et de découvrir l’apnée en mer dans un an ou deux, quand j’aurai atteint mes objectifs en piscine. Priorité à la compétition!

La vie sans air, quelques secondes d'intensité
La vie sans air, quelques secondes d’intensité

L’apnée a de nombreux visages: le statique (immersion des voies aériennes dans un bassin à faible profondeur le plus longtemps possible), le dynamique avec ou sans palmes (nage en apnée sur la plus longue distance possible). Pour le sans palmes, la technique de brasse est particulière.

Puis, d’autres épreuves existent en profondeur : on peut se haler le long d’un boot (immersion libre), descendre avec une monopalme ou en bipalme (poids constant), ne faire que de la brasse (poids constant sans palme), utiliser un poids ou une gueuse pour descendre (poids variable, no limit, skandalopetra)… C’est une discipline très riche où il est rare d’être bon partout tellement cela requiert des qualités différentes.

Comment es-tu venue à l’apnée sportive? Quelles ont été tes premières expériences ?

Je suis venue à l’apnée à la piscine, avec mon père. J’aimais cette sensation de liberté que l’on a sous l’eau. Ce silence m’apaisait beaucoup. J’adorais aussi être chronométrée. On faisait des concours avec mon père en s’accrochant à l’échelle. Ce sont de bons souvenirs et comme je ne suis pas très proche de lui de par nos différences de caractère, ça crée un lien. J’ai d’ailleurs reçu en héritage son souffle et son endurance de footballeur.

Contrôle de sécurité
Contrôle de sécurité par pression dans la main

Evidemment, comme beaucoup, vers l’âge de 12 ans j’ai été marquée par le film Le Grand Bleu de L. Besson. Mais c’est seulement à 27 ans, en 2010, que j’ai eu envie de faire de l’apnée un sport. L’idée ne m’avait jamais effleuré l’esprit auparavant. Pourtant, j’avais déjà pratiqué des sports en rapport avec l’eau, notamment la natation et l’aviron. Mais à cette époque l’apnée n’était pas encore une discipline très connue en province. Je n’y ai donc tout simplement pas pensé.

J’ai débuté dans un club de chasseurs, Abalone Chasse à Bordeaux, alors que j’étais en poste là-bas. C’était assez libre, trop sans doute pour une personnalité comme la mienne. Les entraînements étaient organisés sur le moment, les A3 et A4 étaient en autonomie, je les suivais déjà. Il n’y avait pas réellement de directives, à part surveiller son binôme. Avec le recul, cela ne me correspond pas. Je suis une passionnée, un brin casse-cou, je veux aller toujours plus loin, il me faut donc être encadrée et avoir un entraînement rigoureux.

C’est Eric Lachiver qui m’a donné le goût du statique dans ce même club. J’ai fait mes premières 5’15 en 2011. J’ai tenté une compétition pour voir, mais j’ai trop poussé, et j’ai fait une PCM à 4’45 (Perte de Coordination Motrice, ou communément appelée samba). A cette époque, je ne prenais aucun recul sur la situation, sur ma façon d’aborder l’apnée et mon corps, je m’en voulais juste de ne pas être capable de réussir.

Suite à mon emménagement en Ile-de-France, je me suis inscrite à la 7e Apnée, mais j’ai dû arrêter rapidement les entraînements pour des raisons professionnelles. J’étais épuisée et n’arrivais pas à suivre le rythme.

Je n’ai donc repris l’apnée qu’en septembre 2013 avec l’AS Diderot 12 qui est un club tourné vers le loisir, ce qui ne me convenait pas, et enfin avec Apnée Passion en janvier 2014 où j’ai trouvé mon bonheur en matière d’entraînement et d’exigence.

J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir m’inscrire dans ce dernier club.

Pour la petite histoire, je suis allée à une compétition, seule, sans encouragement ni coach. Courbevoie en décembre 2013. C’est là que j’ai rencontré David Leclerc avec qui j’ai beaucoup discuté. Il a compris que personne ne me soutenait et m’a encouragée à contacter le président d’Apnée Passion. Lors de cette véritable première compétition, j’étais à jeun, j’avais le cœur qui battait trop fort, une combinaison trop épaisse, l’eau était chaude, j’étais complètement déshydratée, j’avais fait un échauffement trop long jusqu’à 4’30… Bref: syncope directement. Je me rappelle nettement avoir demandé quel temps j’avais fait, alors que je portais encore le masque à oxygène… Maintenant j’en ris, mais à ce moment-là, c’était un anéantissement. Je ne me suis pas laissé abattre : j’ai rejoint Apnée Passion et avec Eric Poline et David Leclerc, on a tout repris à zéro. On m’a appris à écouter mes sensations.

La joie de l'accomplissement
La joie de l’accomplissement

On parle souvent de sensations dans le sport (ou d’explorations sensorielles). Quelles sont les sensations que tu y trouves ou celles que tu recherches ?

En apnée, je recherche, certainement comme beaucoup, les sensations de liberté, de glisse, de légèreté, de bien-être… Un cocon d’eau. Mais pour être honnête, ce ne sont pas tellement les sensations qui m’intéressent dans l’apnée. Cela touche plus à un idéal pour moi. J’aime l’idée d’absolu, je recherche le dépassement avant tout. Réussir à atteindre quelque chose qui à première vue semble inaccessible ou dangereux. C’est cela qui m’attire irrésistiblement. Mais depuis une bonne année, j’ai compris que cette notion de dépassement exigeait de moi que je me connaisse mieux, que je sache où sont mes limites, celles de mon corps, celles de mon mental… C’est donc une quête de soi, une quête de l’équilibre à travers la démesure.

Comme en suspens, durant un épreuve de dynamique
Comme en suspens, durant une épreuve de dynamique. l’équilibre interne est primordial

Quels sont les autres sports (ou pratiques) que tu affectionnes ?

J’ai pratiqué l’aviron en Charente. C’est très physique et méditatif. Ramer en cadence ou se laisser glisser au fil du courant… Cela me manque parfois, mais impossible de conjuguer l’enseignement, le shiatsu, l’apnée et l’aviron. Les jours et les nuits sont trop courts !

Je me suis remise à courir mais je manque de rigueur et j’ai du mal à m’y tenir avec mes trois entraînements d’apnée par semaine. Puis, mes genoux sont fragiles et j’ai des douleurs parfois. Je compte m’offrir un vélo d’appartement cet été.

Cet hiver, j’ai découvert le ski de fond. 30km par jour pour traverser une partie du Jura avec un ami apnéiste. Je pense avoir trouvé ce qu’il me faut comme sport en cette saison.

De manière générale, j’aime tester divers sports. Par exemple, j’ai essayé la nage en eau vive en mars. J’ai bien souffert dans l’eau froide de l’Eure mais cela change d’être en milieu naturel, c’est plus spontané, cela m’a beaucoup plu. A voir pour le cardio… Tout est question d’organisation.

En parallèle, je pratique le shiatsu depuis deux ans à l’École de Shiatsu Thérapeutique de B. Bouheret. Je souhaite en faire un métier, rester professeur de Lettres un temps, puis devenir praticienne progressivement en diminuant mes heures d’enseignement. Le shiatsu est une technique de massage énergétique japonais, proche de l’acupuncture, sauf que cela se pratique avec les pouces, la paume des mains et les coudes parfois. On fait aussi des fluidiques qui apaisent les émotions, comme en reiki. Cette technique ancestrale prend son origine dans les arts martiaux. La posture, le souffle, le rythme sont donc essentiels… Il faut être bien centré en soi pour être un bon praticien de shiatsu. Évidemment, cela exige de changer de mode de vie et donc des années de pratique et d’introspection.

Groupe de Shiatsu
Aurélia, au sein de son groupe à l’École de Shiatsu Thérapeutique de B. Bouheret

Est-ce que tu y vois des liens, une certaine continuité avec ce que tu fais ? Ou y vois-tu des choses bien séparées, bien cloisonnées ?

Pour moi, le lien entre l’apnée et le shiatsu est évident. Je travaille sur moi dans les deux cas. Apprendre à maîtriser mes émotions, les transformer en énergie positive, rechercher l’équilibre… C’est quelque chose que j’ai fait aussi en pratiquant l’Ashtanga yoga. J’y reviens avec la compétition. Accompagné de quelques exercices de visualisation et de postures de Qi Gong, c’est idéal comme échauffement.

Shiatsu Germain Chamot
Shiatsu, littéralement « pression des doigts », ici par Germain Chamot

Comment abordes-tu ta pratique au quotidien (ton mental en arrivant à l’entraînement, par exemple, ou ton changement d’humeur par rapport au reste de la journée) ?

Je ne fais rien de particulier. Je manque de temps entre le travail et l’entraînement. Mais avant les compétitions, je suis plus rigoureuse : je fais plus attention à mon alimentation, je ne bois pas d’alcool, je teste mon protocole de statique à sec, je reçois un shiatsu trois jours avant le jour J et je médite dans la posture de l’arbre ou je tiens les tigres en respect (Qi Gong).

Qi Gong
Posture de l’arbre, Qi Gong

Je consulte aussi une sophrologue et cela me fait le plus grand bien. Elle m’aide à gérer mon stress et mon émotivité. Il arrive encore que des entraînements ne se passent pas aussi bien que je le voudrais parce que mon mental est miné par une mauvaise nouvelle, une dispute, des tensions en classe etc. Cependant, j’arrive de mieux en mieux à me mettre dans ma bulle. Avant mes premiers 125m lors de la 3e manche de Coupe de France à Montreuil, j’ai fait un exercice de visualisation et je suis certaine que cela a joué. J’ai gagné d’un seul coup 15m sur ma dernière performance, ce n’est pas anodin. Quelque chose a changé ce jour-là. J’ai senti une sorte de déclic. J’ai pris un peu plus confiance en moi et j’aborde la compétition avec plus de calme.

Qu’est-ce que ta pratique t’apporte ? Qu’est-ce qu’elle a changé en toi ?

L’apnée m’enseigne à me poser des limites, à calmer mon impatience, tant dans le bassin qu’au quotidien. Je suis une fonceuse et ce côté tête-brûlée ne m’a pas valu seulement une syncope et plusieurs PCM. Aujourd’hui, j’apprends à me dépasser tout en respectant les limites actuelles de mon corps. Et des autres.

Y a-t-il une personne (vivante ou décédée) qui t’inspire particulièrement ?

Plusieurs personnes ont su me parler, souvent avec douceur et justesse, pour me faire réfléchir et m’aider à avancer.

D’un point de vue symbolique, le poète Rimbaud me fascine depuis l’adolescence. C’était un auteur qui voulait tout vivre, tout traverser, au point de s’en brûler les ailes et d’arrêter d’écrire. Pour moi, il incarne cette quête de l’absolu.

J’ai aussi vécu avec quelqu’un qui a su m’éveiller spirituellement alors que j’avais reçu une éducation, certes pleine d’amour, mais aussi assez stricte et religieuse. J’ai découvert que j’avais un corps, qu’il n’avait rien de honteux et qu’il fallait que je sois plus dans la sensation pour être bien. Pour être moi.

Cette rencontre m’a bouleversée, m’a transformée, m’a construite et m’a renforcée. Par exemple, j’avais de mauvais souvenirs des cours de danse classique. Cette personne m’a incitée à faire de l’Ashtanga yoga à ses côtés afin de m’aider à prendre confiance en moi, à être plus à l’aise avec mon corps. J’y suis allée à reculons, et à ma grande surprise, j’ai beaucoup apprécié. Je ne me suis pas sentie jugée. Je suis donc partie à la recherche de ma petite voix intérieure avec le yoga, puis, avec le shiatsu et l’apnée. J’ai comme changé de peau entre mes 28 et 32 ans et j’ai découvert à travers cette relation la spiritualité telle que je la recherchais: entière et libre, sans tabous, sans dogmes.

Yoga
Séquence d’ashtanga yoga

Dans le milieu de l’apnée, je suis assez impressionnée par les performances de Sophie Jacquin qui est une athlète complète, hors pair au niveau national, tant en piscine qu’en mer. On peut avoir l’impression que rien ne lui résiste et qu’elle réussit tout ce qu’elle fait. Mais je n’ai encore jamais eu l’occasion de la croiser lors de compétitions.

Lydia Horel aussi a boosté mon envie d’aller plus loin en s’entraînant dans la ligne juste à côté quand elle faisait partie d’Apnée Passion. La voir réussir m’a donné envie de me donner à fond. J’ai eu plus l’occasion de discuter avec elle suite à ma PCM à Angoulême en janvier 2014. Lydia a su me donner des conseils à la fois judicieux et stimulants. Elle m’a dit que l’apnée était une découverte de soi et que mon travail consistait à me poser des limites et que je continuerais de foncer dans les murs tant que je refuserais de l’accepter. A ce moment-là, j’ai reçu comme un électrochoc et j’ai pris la décision d’arrêter la compétition peu de temps après dans le but de travailler sur moi. J’ai continué de m’entraîner dur, je me suis mise à la monopalme, j’ai écouté et suivi tous les conseils du coach, j’ai observé les compétiteurs, visionné des vidéo etc. J’ai accepté la leçon que la vie m’a donnée. Cela m’a plutôt réussi.

Est-ce que tu vis ton investissement dans la pratique au jour le jour ? Ou programmes-tu scrupuleusement ta préparation ?

planning

Je n’ai pas de préparation régulière pour le moment mais j’y viens à force d’observer les compétiteurs de haut niveau: apnée à sec, gainage, course à pied (vélo ?), travail de la technique en piscine. Mais je vis cet investissement pleinement. Cela fait une saison entière que je donne une grande partie de mon temps et de mon énergie à l’apnée, tant lors des entraînements qu’en compétition. C’est une passion, je me sens transportée.

As-tu un binôme lors des entraînements ?

Non, je m’entraîne en groupe, dans deux clubs différents. Apnée Passion où je suis en ligne compétition et Les Dauphins de Nogent où je suis en ligne performance. Trois entraînements par semaine. Cela me fait aussi trois entraîneurs. Un champion, Eric Poline, et deux juges, David Leclerc et Marc Salacroup. Difficile de se repérer dans tous ces conseils !

Malheureusement, aucun des trois ne peut être à mes côtés lors des compétitions. Cela me manque parfois. Je ressens le besoin qu’il y ait quelqu’un qui me parle pour me rassurer ou/et me fixer des limites avant que je mette la tête dans l’eau.

L'équipe Breath Me au complet
Au sein de l’équipe Breath Me, à Annecy

Tu as plusieurs coachs, qu’est-ce que t’apporte cette diversité et quelles sont leurs différentes lignes de conduite ?

 

Eric m’apporte sa riche expérience de la compétition, il a toujours une anecdote à me raconter, une correction à apporter sur le plan technique. Son attitude détendue est vraiment enviable !

David, lui, est à la fois direct et très pédagogue, il sait me dire ce qui ne va pas sans équivoque et c’est en grande partie en travaillant avec lui l’apnée statique que j’ai appris à me poser des limites.

Je suis bien avec l’approche à la fois humaine et posée de Marc. Il est calme, carré mais patient, malgré le fait que j’aie du mal à être parfois totalement concentrée. Aucune froideur ou autorité exagérée chez lui. De toute façon, cela ne fonctionnerait pas avec moi… Je me sens en confiance avec lui comme coach. Il sait aussi me parler franchement quand j’en ai besoin, généralement après une compétition où il pense que je n’ai pas respecté ce qui avait été entendu entre nous.

Il est vrai que je ne sais pas bien où se trouve la frontière du « mon corps peut le faire/mon corps ne peut plus le faire ». Cela m’a déjà valu un dynamique non validé pour faute de protocole. J’ai la tête dure. Mes entraîneurs s’accordent pour dire que je suis trop impatiente, et c’est vrai. Je suis en apnée ce que je suis dans la vie. Comme tous, je présume. Je brûle de faire plein de choses, de découvrir plein de pays, cultures, hommes et femmes. J’aime la victoire aussi, même si sur le podium je reste très intimidée.

Patient
Patient je dois rester, avec cette apprentie

Tout ça c’est un mélange explosif et j’ai besoin d’un coach très patient !

Participes-tu à des stages, en plus de tes entraînements hebdomadaires ?

Oui. Je reviens d’ailleurs d’un stage organisé par Jérôme Chapelle (GGCoaching), en compagnie de Guillaume Bussière, Nicolas Fougerousse, Olivier Azzopardi, Maxime Pature, Anthony Carlhian et Birgit Ehrenbolger.

J’avais un peu d’appréhension avant de commencer. Une fois à la piscine, je me suis d’ailleurs demandé ce que je faisais là au milieu de ces champions ! Jérôme nous a donné des exercices à faire en binôme, c’était bien adapté à chacun. La première journée, j’ai fait du dynamique pour qu’il puisse observer et corriger mon palmage (petites palmes et monopalme). On a travaillé ma vitesse, on a fait de l’apnée hypercapnique assez intensive et, en soirée, du statique en série, sans récupération : poumons complètement vides, vides (une légère inspiration) et pleins.

Le lendemain, j’ai découvert le fractionné sur une piste d’athlétisme, puis, on a retrouvé les petites palmes pour du lent, et enfin de l’apnée statique pour clore la journée.

Le dernier jour était réservé à la technique : j’ai corrigé mon mouvement de bras en sans palmes et mon virage en dynamique. Espérons que cela m’aide à mieux glisser lors du Championnat de France !

Virage
Le virage en dynamique, avec monopalme (GGCoaching)

L’enseignement de Jérôme est maintenant très réputé au sein de la communauté apnéiste française. Qu’est-ce ce stage t’a apporté comme plus-value, par rapport à tes débuts ?

Ce stage a amené une grande remise en question pour moi. C’est positif.

Il vaut mieux que je change mes habitudes maintenant que je débute dans le monde de la compétition. Mais comme me l’a répété Jérôme, il ne faut pas se précipiter. Cela ne compte pas réellement d’être fort, de faire une performance. Ce qui compte, c’est de rester fort, et pour cela il est essentiel de prendre son temps.

Etre et durer
Objectif : rester forte

Alors, à moi de prendre le temps de digérer toutes ces informations, de les intégrer à mes entraînements progressivement. A moi de trouver à force d’essais le dosage de vitesse et de mouvements qui me conviendra personnellement. Ça ne m’apporte rien de tourner en rond en pensant à ma vitesse, à ma technique de virage, ça me met juste la pression. Je garde donc tout ce que j’ai appris durant ces trois jours de stage intensif dans un coin de ma tête et les choses se feront d’elles-mêmes quand je serai prête. Qui sait ? Cela arrivera peut-être plus tôt que ce que j’imagine.

Pour le Championnat de France, j’ai juste envie de laisser faire ma monopalme… Je suis certaine que laisser parler mon instinct est la meilleure solution qui soit.

Dans dix ans, tu te vois où et comment (partage par l’enseignement, voyages, quotidien…) ?

Dans dix ans, j’espère être praticienne de shiatsu, voire enseignante de shiatsu, aux côtés de quelqu’un qui partagerait mes valeurs et qui vibrerait aussi pour sa (ses) propre(s) passion(s). Dans l’idéal, j’aimerais vivre près de la mer et poursuivre la compétition. Si je ne progresse plus dans ce domaine, devenir encadrante MEF2 pourrait m’intéresser. Et continuer de voyager bien sûr!

Rencontre profonde
Rencontre sous-marine, lors d’un voyage

Un voyage riche et long assurément. Merci Aurélia pour ce témoignage et cette découverte d’un monde qui ne commence qu’une fois qu’on a pris sa dernière inspiration. Nous te retrouverons très bientôt dans les lignes de subusubo.wordpress pour suivre tes aventures et ton évolution, notamment ta participation aux Championnats de France.

Envol
Aurélia prend son envol dans le monde de l’apnée

Je suis heureux que tu aies accepté de participer à ce projet de suivi sportif et de partager avec les lecteurs de Subo Subo ta passion, en un souffle !

jamais seul
http://freedivingsafety.org/

 

Surtout, ne plongez jamais seul !

Mais toujours avec un partenaire, au moins.

Prochaines publications :

– La Pratique Emotionnelle

– L’interview de Marie Apostoloff, enseignante de Kishinkaï Aïkido.

Publicités