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On ne l’arrête plus !

A l’image de LeSean McCoy, le fameux Running Back des Eagles, c’est avec l’arrivée de la neige que je me sens pousser des ailes. Je pars dans ma course folle, franchis, contourne les obstacles pour marquer des points d’importances avec mon équipe.

 

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LeSean McCoy

 

Ce mois de janvier est riche en émotions et augure un bon début d’année avec la sortie de ma seconde coopération avec le Hors-Série Spécial Aïkido de Dragon Magazine où vous pourrez retrouver mon premier article sur la Préparation Physique pour l’Aïkido. Mais aussi avec la sortie de mon premier livre en qualité de co-auteur : Manuel d’Entrainement à l’Apnée.

 

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Le thème de ce hors série est « Omote/Ura: Le visible est l’invisible« . Mon billet a pour titre : « Avec Agilesse et Souplité ». J’y explique l’intérêt d’une préparation physique dans la pratique martiale et y aborde la question des étirements.

J’apprécie de participer à cette rédaction en raison de la variété des intervenants et de leur qualité. Cela ne manquera pas d’enrichir autant notre point de vue, nos connaissances que notre pratique.

 

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Dans le numéro précédent, je croisais mes connaissances du milieu sportif et celles de la pratique martiale pour comprendre la notion de Kokyu, au travers de « La Respiration dans l’Aïkido ».

 

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L’auteur, en travail du diaphragme et des muscles intercostaux.

 

Autre événement d’importance. Ce week-end à lieu, Porte de Versailles, le plus gros rassemblement de France de plongeurs : le Salon International de la Plongée Sous-marine. En cette belle occasion vous pourrez retrouver en avant-première le livre dirigé par Frédéric Lemaître auquel j’ai participé : Le Manuel d’Entrainement à l’Apnée, au Stand de Turtle prod (D25)

 

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Docteur en Physiologie de l’apnée, Frédéric a fait appel à des spécialistes de différentes disciplines pour livrer sans retenue les clefs véritables qui permettent une pratique cohérente et efficace de l’apnée sportive.

Vous aller pouvoir vous appuyer sur ce manuel pour programmer vos séances et voir réellement vos performances s’incrémenter. Fini les secrets réservés à l’élite. Et vraiment plein de belles surprises dans ce livre, du jamais vu, je vous assure !

Cet ouvrage est préfacé par Guillaume Nery, apnéiste de talent exceptionnel, mondialement reconnu.

 

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Guillaume Nery, lors d’une conférence sur L’Apnée.

En quatrième de couverture :

« Enfin le voici, le premier livre regroupant les clés de l’entraînement en apnée ! Cet ouvrage se décompose en 3 parties. Une première partie pour mieux comprendre comment votre corps fonctionne en apnée en lien avec l’entraînement; une deuxième partie pour vous apprendre à programmer vos entraînements et bien entendu progresser dans votre activité et enfin une dernière partie avec tous les outils pratiques de vos entraînements et de nombreux programmes et méthodes de la musculation à la méditation pour l’apnée. » Frédéric Lemaître.

 

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(photo hors livre, from Abyss Garden)

 

Ce manuel est le fruit d’un long travail qu’il a fallut concilier avec nos vies professionnelles et personnelles. Si nous voyons déjà comment améliorer et enrichir ce manuel, il a le mérite d’exister et de marquer d’une croix le calendrier des livres sur l’Apnée grâce à la démocratisation des techniques d’entrainement.

Bonnes lectures et bonnes immersions !

 

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(Photo hors livre, from Annelie Adventures)

 

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Qui serais-je dans 1000 jours ?

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Qu’y a-t-il au fond de nous-même, sous la surface ? (photo from : http://annelieadventures.com/)

 

                Qui sommes-nous ? Qu’y a-t-il derrière notre apparence, derrière nos différents masques ou derrière notre égo.

J’ai commencé à tenir un journal. Peut-être un peu plus qu’un journal intime. Il a pour titre : « Qui serais-je dans 1000 jours ? ».

Il a débuté ce matin ainsi :

« Le soleil caresse à peine les cimes des montagnes gapençaises ce nouvel an 2016. Il n’y a pas eu d’abus alimentaire la veille, il sera d’autant plus agréable d’aller courir un peu avant le petit déjeuner.

                L’heure est raisonnable. Le parcours aussi : 45 minutes à tout casser, avec un dénivelé positif tout de même sympa en fin de parcours.

Bon d’accord, je ne prends pas de chaussures ce matin. Personne n’est parfait. Mais j’aime courir pieds-nus. On le savait déjà, j’étais fan de chaussures à doigts et de Erwan Le Corre, c’était donc l’étape suivante normale. Encore un moyen d’apprendre beaucoup sur qui je suis et comment fonctionne mon corps. En même temps, je n’ai pas spécialement de mérite, la température de quelques degrés seulement au-dessus de zéro agit comme un antalgique sur mes orteils et je ne sens que peu les premières coupures et ampoules. Au bout de quelques kilomètres, j’ai juste l’impression de courir sur des moignons ! »

 

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Un nouvel an bon pied, bon œil (en photo, l’auteur)

 

Nous sommes le premier janvier. C’est le nouvel an. Il n’est pas très malin de commencer l’année ainsi mais les vieilles habitudes ont la peau dure (plus que les pieds en tout cas). Le bilan de l’année écoulée est difficile pour beaucoup de monde, ici comme ailleurs. Sur le plan plus personnel, ce fut une année de récupération et d’apprentissage de mes limites, si fluctuantes. Ce temps, je l’ai mis au service de l’introspection. J’avais donc fait mon bilan avant l’heure : quel a été mon parcours, qu’ai-je fait, où vais-je, qu’est-ce que je veux ou ne veux plus ? Et surtout, qui je suis aujourd’hui ?

Je suis bien plus raisonnable qu’avant mais je ne renonce pas pour autant à ce qui me caractérise. Je renforce toujours ma capacité de résilience si ce n’est que j’ai appris à ne pas détruire mon intégrité en le faisant. Ça m’aide, je l’espère, à faire de moi un meilleur enseignant et un meilleur coach.

 

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Un bon coach : un peu de technique, beaucoup d’empathie et une montagne de pédagogie

 

Pourtant, cette année, pas de bonne résolution en perspective ! Pas de promesse, pas de course aux chimères, pas d’attente. A la place, je commence un nouveau programme. Un gros programme !

Je relis régulièrement les anciens articles de mon maître d’aïkido. Il y en a un que j’aime bien qui s’intitule 3000 jours au japon. Je trouve que c’est plein d’enseignements. Entre résolution, frustrations et sacrifices pour atteindre son but. Au final, c’est une expérience et un chemin qui nous change ou nous fait grandement évoluer et surtout, qui change radicalement notre vie.

Ainsi, je me suis décidé durant octobre, j’ai fait mes préparatifs en novembre, et j’ai commencé à mettre mes outils en place en décembre. J’attaque un programme en deux étapes.

La première est de 1000 jours ! Un chiffre emblématique. La seconde aura la même durée, avec des objectifs différents.

Un programme de 1000 jours, c’est quoi ? Un programme pour quoi, d’abord ?

 

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C’est ça mon programme ? OMG !

 

De la même façon que je ne trouve pas intéressant d’étudier la main sans étudier l’esprit qui la sollicite, d’étudier l’esprit sans les yeux et/ou les oreilles qui l’ont construit, mon programme ne peut pas être que sportif.

Il est martial, sportif, mental, familial et professionnel. J’ai défini des objectifs compatibles entre eux, j’ai tracé les grandes lignes y menant et surtout j’ai choisis des outils adaptés à qui je suis, à ma personnalité profonde. Si l’égo arrive à rester à sa juste place, le reste ne sera que courage, remédiations objectives, lâcher-prise et plaisir.

Cette fois-ci, je ne vise aucun exploit, je ne vise aucune ceinture (ce qui avait déjà cessé de me faire courir), ni aucune reconnaissance. Si ces choses arrivent, ce ne sera qu’une conséquence, en aucun cas un but.

Lorsque j’avais trente ans, je me disais que si je rencontrais celui que j’étais à 20, il me trouverait ridiculement faible et aurait peut-être honte de ce qu’il est devenu. Aujourd’hui, après bien des chaos survenus dans ma vie, je pense être bien plus fort que les deux précédents ne l’ont été, principalement d’un point de vue martial mais aussi dans mes possibilité d’être, d’évoluer et de durer dans tous les aspects de la vie.

 

Retour vers le futur : ce que nos actions nous feront devenir (photo : Tom Hussey, Reflexion)
Retour vers le futur : ce que nos actions nous feront devenir (photo : Tom Hussey, Reflexion)

 

Ce qui m’intéresse maintenant, c’est de voir qui je serai dans 1000 jours. Que celui que je serai soit fier de ce que je fais aujourd’hui et que je sois satisfait de qui je serai alors. Que je devienne un possible modèle, pour moi-même principalement, comme tant d’autres l’ont été ou le sont encore aujourd’hui (Crazy Horse, Musashi, Belmondo, Musimu, les frères Tamaki, …) Chaque cheminement nous fait évoluer et nous façonne. Ce parcours sera le mien véritablement. J’ai la sensation de pouvoir et de devoir écrire mon propre devenir. J’ai le sentiment d’être l’actionnaire majoritaire de ma vie. Je veux me reconnecter à mon moi profond. A ce qui faisait de moi l’enfant que j’étais avant que la société, quels que soient ses qualités ou ses travers, ne me forge à sa main.

 

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L’entraide en guise de réussite (photo: Rock Solid Race)

 

Cette réalisation ne sera cependant pas exclusivement centrée sur moi. C’est au travers de mes apports aux autres que je compte y arriver. Je veux être une pierre des fondations grandissantes du Kishinkaï, un coach qui amène chacun à se transcender sans se perdre en route, un homme qui ressent encore plus les émotions, qui ressent les autres, qui ressent la truite bondir hors de l’eau mais qui garde la sérénité du lac qui l’abrite, un homme qui s’accomplit pleinement. Et oui, tout un programme. Je vous l’avais bien dit.

Tous mes vœux vous accompagnent dans vos entreprises, pour 2016 et pour après !

Rendez-vous dans 1000 jours.

 

S'accomplir pleinement
Une vie d’émotions

Philippe Billard – 1/ Vers l’infini et au-delà

Que l’on soit fondu d’ultra, apnéiste chevronné, alpiniste de l’impossible, navigateur solitaire, chercheur martial ou plus modestement sportif curieux, un jour où l’autre on croise Philippe Billard.

Ce journaliste de métier est un touche à tout mais aussi un jusqu’au-boutiste qui aime se poser des questions, se remettre en question aussi et s’accomplir en se surpassant

Dans le cadre du fil rouge de ce blog (voir La Transversale), pour une fois, c’est lui qui a répondu aux questions.Il a bien voulu me prêter un peu de temps entre ses excursions dans l’extrême et la tenue de son magazine si complet pour s’exprimer avec franchise et humour auprès des lecteurs de Subo-Subo.

Philippe, un vision qui va loin.
Un regard qui porte loin

Philippe, quelle est la discipline que tu pratiques et quelles sont ses particularités ?

Je pratique l’ultra-endurance, ou pour être plus explicite, la course à pied au-delà du marathon, et si possible, bien au-delà. Cela inclut les courses de montagne (jusqu’à 160 km pour ce qui me concerne), les 100 km sur route, les courses horaires (de 6 h à 48 h), et les multidays. J’en ai couru une centaine depuis 2000. Ces dernières années, j’ai jeté mon dévolu sur les 6 jours en version tapis de course. Il s’agit de courir 144 heures en s’arrêtant un minimum et en couvrant la distance maximale. J’évolue de plus en plus vers les sports de grande endurance, sans distinction : vélo, natation, tandem, randonnée, etc.

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Courir plusieurs jours, ici à Evreux

Comment y es-tu venu ?

Je ne sais pas trop. C’est venu peu à peu, et puis ça s’est imposé d’un coup, comme la synthèse de plein d’éléments très disparates. Il y a ce désir d’autonomie, qui me vient de mon enfance, doublé de celui d’aimer me distinguer, ne pas faire les choses comme tout le monde. Et puis l’envie de pratiquer un sport extrême, doublée de celle de ne pas risquer ma vie. Quand j’ai décidé de me mettre réellement à l’ultra, en 2000, je n’ai pas fait les choses à moitié. Après quelques tâtonnements, j’ai décidé trois ans plus tard que l’ultra serait au centre de ma vie en créant un magazine dédié à cette discipline. Très pratique pour courir toutes les semaines en faisant des reportages !

La passion de l'Ultra
La passion de l’Ultra

On parle souvent de sensations dans le sport comme dans les arts martiaux (ou d’explorations sensorielles). Quelles sont les sensations que tu y trouves, ou celles que tu y cherches ?

C’est à ce stade que je te remercie, Fabien. J’aurais pu le faire en introduction, mais ici c’est mieux. Je te remercie parce que ton expertise dans les arts martiaux et cette interview me permettent de faire le lien entre les disciplines. Même si je ne justifie que de deux ans de karaté avec une petite ceinture marron, quelques mois de judo à un âge où on a du mal à comprendre l’intérêt de parler japonais, la culture martiale asiatique a toujours fait partie de moi. Loin d’être un expert, loin d’avoir voulu en faire ma voie unique, j’ai puisé au fil des années ce qui me parlait le plus profondément. Le combat en tant que tel ne m’intéresse pas, mais sa symbolique, oui. Car tout, dans la vie, est combat. Combat physique, action face aux agressions, mais surtout, plus généralement, combat pour sortir de ses zones de confort. Le combat n’est pas un acte négatif, c’est une acuité, une compétence qu’on développe pour ne pas avoir à s’en servir.

Le combat constant du mental
Le combat constant du mental

La pratique du karaté m’a permis de comprendre, ou plutôt de valider, qu’une sensation physique était identique à une sensation mentale. On les traite de la même manière. Si je suis relâché physiquement, je le suis mentalement, et vice-versa. Je traite de la même façon une agression verbale et une douleur physique. Mes déplacements, mes mouvements, mes gesticulations, mes blocages et mes aisances, sont à la fois cérébraux et corporels. Voilà ce que me disent les arts martiaux, ou en tout cas ce que j’en ai pris (peu importe que ce soit juste ou pas d’ailleurs). Ils offrent un canevas intéressant, composé de valeurs, de techniques, d’apprentissages, qui sont reproductibles non seulement pour l’ultra, mais pour tous les sports. Et ça se traduit par des quêtes extrêmement similaires : la recherche du geste parfait, de l’équilibre, du souffle juste, du timing, et plus que tout, d’un transfert de la pratique sportive vers l’être humain que je suis au quotidien. C’était une réponse compliquée pour dire un seul mot : simplicité. Ne m’intéresse que ce qui tend vers la simplicité et la pureté.

Quels sont les autres sports ou pratiques que tu affectionnes ?

J’ai longtemps nagé et j’aime bien m’y remettre quand ça se présente. Je pratique aussi le vélo, la musculation de type crossfit au poids de corps, la marche, et un peu tout ce qu’on peut me proposer. J’ai une appétence particulière, évidemment, pour tout ce qui demande de l’endurance, mais je me dirige aussi de plus en plus vers les sports demandant de l’agilité, de l’équilibre, de la coordination, de la force.

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Chaque discipline est l’occasion de nouveaux défis

Est-ce que tu y vois des liens ? Une continuité avec ce que tu fais ? Ou y vois-tu des choses bien séparées, bien cloisonnées ?

Oui, tout se répond, se complète, s’enchaine. En bas de ma pyramide personnelle, il y a la pratique sportive, peu importe laquelle, et plus je monte, plus l’endurance prend de l’importance. L’endurance physique, puis l’endurance mentale, puis l’endurance environnementale, puis la somme des trois, et enfin, l’endurance tout court qu’on pourrait appeler la longévité. La totalité de mes actions s’intègre dans cette démarche de longévité. Il ne s’agit pas seulement de vivre vieux et en bonne santé, il s’agit de trouver le système adapté à ce que je suis, à mes valeurs, à ma nécessité de partage, à mon besoin pathologique d’apprendre encore et encore.

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Courir six jours sur Tapis – Étude sur le sommeil par le laboratoire d’Albi

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Comment abordes-tu ta pratique au quotidien (ton mental en arrivant à l’entrainement, par exemple, ou ton changement d’humeur par rapport au reste de la journée) ?

Là encore, comme une continuité. On ne dit pas de moi que je suis un sportif exceptionnel, ni performant, et ma façon de faire déboussole souvent ceux qui ont pu se retrouver en position d’observateur. Quand j’arrive à l’entraînement, je m’écoute, je passe un moment bien ancré dans le présent, qui s’harmonise autant que possible avec l’avant et l’après. Autrement dit, je m’entraine quand je cours, mais je m’entraîne aussi quand je travaille, quand je mange, quand je dors… quand je vis. Mon emploi du temps idéal serait noirci par du sport, du sport et encore du sport. C’est impossible, alors j’ai appris à pratiquer le sport mental, à travailler ce qui manque à mon sens à beaucoup d’athlètes : l’envie. Avoir envie de continuer, se proposer à soi et aux autres, constamment, des aventures incroyables, des tours de magie, de l’illusion.

A l’entraînement, je m’écoute, je passe un moment ancré dans le présent
A l’entraînement, je m’écoute, je passe un moment ancré dans le présent

Qu’est-ce que ta pratique t’apporte ? Qu’est-ce qu’elle a changé en toi ?

Je ne sais pas si ma pratique a changé. Elle a en tout cas certainement « révélé » quelque chose. Le grand apport de l’ultra, c’est le relâchement, à tous les niveaux. Au départ, c’est une sensation physique globale : relâcher les épaules, courir en souplesse, se sentir bien dans son corps. Et puis ça évolue vers un relâchement mental. Plus j’évolue, plus je ressens des tas de signaux faibles, comme si j’étais parfois capable d’identifier une cellule musculaire contractée et d’agir sur sa décontraction. C’est une image, bien sûr, mais ce que je veux dire, c’est que la sensation de relâchement est multidimensionnelle.

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Vers un relâchement mental

Y a-t-il une personne (vivante ou décédée) qui t’inspire particulièrement ?

Il y en a beaucoup. Mes parents m’inspirent, pour leur capacité à vivre gaiement malgré les épreuves douloureuses qu’ils ont traversé. Mes proches m’inspirent parce qu’ils ont pour la plupart une attitude digne, ouverte, respectueuse des autres et d’eux-mêmes. Ma fille m’inspire parce qu’elle est naturellement relâchée, comme l’enfant qu’elle est, mais avec un petit plus (c’est ma fille !). Je prends beaucoup du monde qui m’entoure et sans forcément idolâtrer une personne en particulier, je suis sensible à certains parcours de vie : Musashi, le Dalaï-Lama, Gandhi, toi, les apnéistes Mifsud et Néry, Léo Tamaki que je dois absolument croiser un jour, et des dizaines d’autres, réels ou fictifs.

Stéphane Mifsud, recordman du monde d'apnée statique
Stéphane Mifsud, recordman du monde d’apnée statique
Leo Tamaki, maître de l'Aïkido Kishinkaï (ici avec Julien Coup)
Leo Tamaki, maître de l’Aïkido Kishinkaï (ici avec Julien Coup)

Est-ce que tu vis ton investissement au jour le jour ? Programmes-tu scrupuleusement ta préparation ? Dans 10 ans, comment te vois-tu ?

Mon investissement, c’est ma façon de vivre. Il y a des périodes durant lesquelles je ne peux pas courir autant que je le souhaiterais, alors j’essaie d’être carré sur tous les autres paramètres : alimentation, sommeil, hygiène de vie. Je ne programme rien, ou très rarement. Je suis très attaché au vécu du présent, donc j’ai vaguement une idée sur certains objectifs (un 6 jours à préparer, une condition physique à atteindre, etc.) et je crée au quotidien les meilleures conditions pour y parvenir. Il ne s’agit pas forcément d’ascétisme, j’ai tendance à être très indulgent avec moi-même, pour conserver l’envie dont je parlais plus haut. Je pense souvent à l’Aïkido pour gérer le moment présent. La logique, le but, c’est de ne pas mourir (symboliquement, et en vrai aussi), et pour y parvenir, la voie que j’ai choisi, c’est la souplesse. Si quelque chose coince, on respire, on recommence, on a le temps. La question du futur est délicate. Évidemment, je me rends compte que j’ai tout un tas de conneries en tête qui pourraient intéresser les autres. Mais quels autres ? Si ça doit se faire, ça se présentera à moi sous une forme ou une autre et je saurai le voir. En attendant, la médiatisation relativement importante (pour l’instant) des 6 jours, permet de faire passer un certain nombre de messages, de transmettre une vision du sport épanouissante, universelle, simple. Donc oui, enseigner… disons plutôt « partager ».

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Si quelque chose coince, on respire

Maintenant, oublions tout ça. Décroche de notre lien sportif. Parle-moi juste de toi, de tes rencontres, de ce qui compte ou t’agace, d’un hommage si besoin…

Je pense à une personne que j’ai rencontrée, c’est un voyageur-peintre avec son chien que j’ai croisé lors d’une traversée de la France en vélo. Un hommage : ma mère, forcément. Un truc qui me déplaît chez les autres (et parfois aussi chez moi) : l’injustice. Une envie « là tout de suite » : aller déjeuner. Un défaut : vouloir trop faire et au final, ne pas en faire la moitié. Une qualité : être conscient que les qualités, ça se travaille. Mon passé : un jeu de construction. Mon présent : un déluge de sensations. Mon futur : heureux. Mon épitaphe : « Il aimait les crêpes et le jambon de poulet ». Le PS de mon épitaphe : « Mes voisins sont très calmes ou c’est moi ? » Le PPS : « Il a toujours eu du mal à s’arrêter, mais là, il y est enfin arrivé. »

Super-Bilou
Mon présent : un déluge de sensations

Et oui, Philippe, c’est tout ça et plus encore. L’homme sans limite, vers l’infini et au delà.

Merci Phil.

Marie Apostoloff – 1/ L’Aïki à tout prix !

Marie est une personne déconcertante aux qualités indéniables. Elle est à mes yeux l’incarnation de l’esprit du Kishinkaï, l’association où l’on approfondit la pratique en se réjouissant. Car Marie, c’est cela : la bonne humeur et le plaisir de se retrouver mais aussi le travail sérieux et un investissement de tout son être.

Je lui laisse dès à présent la parole au travers de cette première interview à laquelle elle s’est prêtée, dans le cadre du fil rouge de ce blog (voir La Transversale).

 

Marie, lors de la Nuit des Arts Martiaux Traditionnels de 2012 (par Olivier Le Rille)
Marie, lors de la Nuit des Arts Martiaux Traditionnels de 2012 (par Olivier Le Rille)

 

Marie, quelle est la discipline que tu pratiques et ses particularités  ? Comment y es-tu venue ?

Je pratique un art martial Japonais, l’aïkido. Le premier cachet, témoignage d’une toute première participation à un stage date de novembre 2006. C’était lors d’une rencontre internationale animée par Tamura sensei au Bouscat, non loin de Bordeaux, une semaine après mes débuts dans la discipline. Je crois que je m’en souviendrai à vie. J’en ris d’ailleurs car d’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours foncé me lançant corps et âme dans ce que j’entreprenais, certes quelques fois sans réfléchir mais je n’ai jamais eu à le regretter. C’est dingue! sur le papier cela fait près de huit ans que je pratique, avec de nombreuses interruptions liées aux aléas de la vie, mais quand même! Je souris encore à l’évocation de ces presque huit longues et riches années et l’émotion pointe le bout de son nez.

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Tamura Senseï

La particularité de cette discipline est son aspect spirituel car bien loin de n’être qu’un sport, c’est une véritable philosophie de vie globale qu’elle propose, dans un but d’évolution et d’épanouissement de l’individu. L’aïkido développe un sens aigu  » du tempo « , de la  » musicalité  » d’un mouvement, afin d’être capable de répondre avec justesse à une situation donnée. Une constante remise en question est nécessaire ainsi que la paradoxale intuition d’être sur la bonne voie, un peu comme une sorte d’assurance en ce que l’on croit sans jamais trop savoir si l’on approche de la (sa) vérité. Ce monde n’est pas celui du confort, il faut alors se montrer patient et pugnace. Cet art martial passionnant favorise la connaissance de soi par le biais d’une prise de conscience importante de ses limites et de ses possibilités. S’adonner à une telle discipline favorise la maîtrise de l’ego… L’autre particularité de l’aïkido est qu’il se situe à mi-chemin entre une pratique collective, en s’entrainant à deux voire plus, et individuelle car l’immersion dans le monde de la sensation propre à chacun, est total. Un va-et- vient continu entre l’autre et soi. On y apprend à gérer la relation à autrui, grâce à la création de l’harmonie, de la fusion, en délaissant si possible la confrontation. Il est à noter que la discipline se montre généreuse envers ses adeptes car il est possible à chacun d’eux de l’enrichir en fonction de ses propres particularités. J’ai souvent dit que j’y étais venue par hasard mais en se penchant sur la question, le hasard existe-t-il ? Une période de vie un peu compliquée et ne sachant que faire de toute cette énergie, je me suis renseignée sur les arts martiaux. En premier lieu, ce que je désirais était de pratiquer le Sanda, très bien représenté en Limousin par la famille Moua mais l’envie de donner des coups sans forcément en recevoir m’a poussée à continuer mes recherches et c’est comme ça que je suis « tombée » sur l’aïkido. Aujourd’hui je me rends compte du bonheur et de la chance dont je bénéficie grâce à l’aïki, et suis heureuse et fière de pratiquer cette discipline qui m’apparaît presque obligatoire en tout cas bénéfique dans mon parcours de vie.

 » Avoir envie de donner des coups implique d’être capable d’en recevoir.  »

Marie, au sein de son premier club d'aïkido
Marie, au sein de son premier club d’aïkido

On parle souvent de sensations dans les arts martiaux (ou d’explorations sensorielles). Quelles sont les sensations que tu y trouves, ou celles que tu y cherches ?

Il est vrai que la recherche de sensations dans les Arts Martiaux est importante voire indissociable! Je trouve cette question très intime et malgré toutes les sensations que peut offrir une telle discipline, j’ai eu et j’ai encore pas mal de difficultés à y répondre.
On vit dans un monde d’excellence, de compétitivité, de victoire, de réussite, il faut être bon partout au boulot, en famille, avec nos amis sur un tatami…Nous sommes des êtres sociaux, engagés dans une vie agitée et stressante. Monter sur un tatami c’est en quelques sortes se débrancher de la vie extérieure, c’est entrer en soi, faire silence. Au travers de l’apprentissage des techniques, on apprend la discipline, le contrôle, l’effort, la douleur parfois, sortes de marches à gravir qui, franchies, donnent le sentiment d’avoir progressé. Un exemple: je reviens d’un stage en Belgique, où pour la première fois, j’ai réussi à disparaitre le temps d’un Kokyo Ho. Bref instant d’harmonie pure.
Les Arts martiaux sont un bon moyen de se confronter à soi-même, à ce que peut faire le corps et l’esprit. Ces victoires ont un petit quelque chose de « divin » et nous permettent de transcender notre nature. Voilà ce que je suis venue chercher.
L’une des raisons pour laquelle je pratique cet art martial est donc l’envie d’enrichir ma relation à moi-même, de connaître mes potentialités ainsi que mes manques ce qui correspond en fait à être à l’écoute de ce que je peux être. J’ai envie d’harmonie physique et mentale et je vois bien que cette société ne nous y incite pas forcément! C’est donc à nous d’aller la chercher, d’aller créer cette « culture de l’équilibre », de l’harmonie en soi ainsi qu’avec l’autre,et l’aïkido me paraît être l’outil parfait. Une fois cette  » mise à l’écoute de soi  » affûtée, nous devenons capables de comprendre, d’entendre l’autre et d’éventuellement l’aider à emprunter la voie qui est la sienne. Le ressenti est au cœur de cette quête. Lorsque l’on exécute une technique, la sensibilité et le sens de l’écoute, développés après des heures d’entrainement, vous font passer du monde de l’harmonie (awase), à celui de la fusion (musubi). Les relations (aussi bien sur tatami qu’en dehors) sont alors des plus saines et votre technique ne s’en trouve que plus efficace .
Techniquement, la modification de l’utilisation que je peux faire de mon corps, la recherche du geste parfait m’intéressent particulièrement toujours dans un but d’efficience. Bien entendu la douceur, la bienveillance, la modération, envers soi et l’autre m’intéressent également beaucoup. Fini l’égocentrisme et la fierté mal placée, grâce à l’aïkido voici venu l’ère de l’amour et de la sérénité.
Quels sont les autres sports ou pratiques que tu affectionnes ?

Ma première passion bien avant l’aïkido a été l’équitation. J’ai eu une chance inouïe, car pendant que certains vivaient une jeunesse entourée de béton, de violence ou d’ennui, j’étais libre, à 1m60 du sol avec 600 kg me poussant à aller de l’avant. J’ai pratiqué cet art pendant 10 ans, et ai décroché le galop 7. Le plus important est que j’ai accumulé des souvenirs pour le restant de mes jours. Mon premier  » sensei  » était donc mon prof de cheval, Alain Camenen, un Breton à fort caractère. Je crois que c’est auprès de cet homme que je me suis éduquée et je pense que les valeurs qu’il m’a transmises ne sont pas étrangères à la femme que je suis aujourd’hui. Du fond du cœur Alain, merci. Au-delà de ça, je suis éducatrice sportive titulaire du BPJEPS (brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et des sports), j’aime tous les sports. La pratique physique m’est nécessaire et s’il fallait me définir je dirais que j’ai besoin d’action et d’expérience sur le terrain.

Est-ce que tu y vois des liens ? Une continuité avec ce que tu fais ? Ou y vois-tu des choses bien séparées, bien cloisonnées ?

Je finis par voir des liens avec l’aïkido absolument partout alors oui bien sûr que j’y vois des liens. L’équitation et l’aïkido développent les mêmes principes, comme je l’ai dit plus haut, une certaine sensibilité à l’autre, une écoute, rechercher l’harmonie sans jamais vouloir soumettre mais au contraire composer, main dans la main avec un partenaire. Première différence, d’un côté, cet  » autre  » pèse 600 kg et de l’autre 100 kg tout au plus . Deuxième différence, le cheval ne triche pas et tu ne peux pas tricher avec lui.  » Il est « , un point c’est tout. En aïkido, tu as tes démons, l’autre aussi… J’ai parfois l’impression qu’il y a beaucoup  » d’illusionnistes  » au sein de cette discipline, les gens préférant cacher leurs défauts plutôt que de les travailler. De plus, une seule erreur avec un cheval et vous la payez cher ! Toutefois les deux activités sont de fabuleuses écoles de la vie. Elles te donnent l’opportunité d’apprendre humblement sur toi-même, de travailler dans le but de t’améliorer afin de devenir un être humain. Voici une citation qui me reste en tête, issue des  » traditions martiales  » d’Ellis Amdur:

 » Sur une terre où aucun homme ne peut être trouvé, aspire à en être un. » Du rabbi Hillel et extrait des « Traditions martiales » d’Ellis Amdur.

Traditions Martiales, de Ellis Amdur
Traditions Martiales, de Ellis Amdur
Avec Ellis Amdur (photo: Shizuka Sasa-Tamaki)
Avec Ellis Amdur (photo: Shizuka Sasa-Tamaki)

Dans les deux disciplines, la notion de danger est présente et importante. La différence entre les deux disciplines est de l’ordre de la nature même de celle-ci. J’ai plus souvent ressenti la notion de danger physique en équitation que sur un tatami, la peur de tomber, de se faire mal, c’est que le risque du handicap est bien présent, et il est une règle en équitation qui vous pousse à remettre de suite le pied à l’étrier en cas de chute, peu importe la peur, le doute ou les questions. Ça a du participer à forger mon caractère.
Et puis d’un autre côté certains acteurs du monde martial te font ressentir le danger par le biais de la forte pression psychologique qu’ils t’imposent. C’est sur un tatami et nul part ailleurs que j’ai vraiment et pour la première fois ressenti un tel danger, par le biais d’une forte intention (belliqueuse) dirigée vers ma personne. Le premier souvenir date d’il y a quelques années. Ellis Amdur était venu en France à Paris pour donner un stage, et nous avions eu la chance, nous, élèves du Kishinkaï, de bénéficier d’un cours particulier. Suite à cela, il nous a été possible de lui poser des questions, d’ailleurs je ne me souviens plus de la mienne. Je crois qu’elle concernait le travail de l’intention… Par contre, je me souviendrai longtemps de sa réponse. A l’autre bout du dojo, détendu, sans intention particulière, Ellis Amdur en une fraction de seconde, fond sur moi comme un prédateur sur sa proie. De stupéfaction, j’en trébuche et tombe. L’assistance rigole, et je reste seule par terre face à cet impressionnant ressenti. Mon incompréhension fut totale ce jour là c’est un don qu’il venait de me faire. Sans un mot, juste une très forte intention a suffi.
La peur est liée au danger, à la prise de risque, à l’incompréhension ou à l’incertitude. Je pense en avoir ressenti les deux aspects: la peur physique et psychologique. Du coup j’en apprends encore un peu plus sur moi-même, et j’ai bien noté que la peur psychologique m’inhibe un peu alors que la physique me pousse à trouver toutes les solutions en ma possession et ce dans l’instant même.

Comment abordes-tu ta pratique au quotidien (ton mental en arrivant à l’entrainement, par exemple, ou ton changement d’humeur par rapport au reste de la journée) ?

En arrivant à l’entrainement, en général, je suis stressée par le parcours en voiture et fatiguée par ma journée de travail. Le challenge réside dans l’espoir de retrouver l’harmonie, le silence et le calme. Dire que j’y parviens tout le temps serait faux, mais j’y travaille !

Qu’est-ce que ta pratique t’apporte ? Qu’est-ce qu’elle a changé en toi ?

L’aïkido que je pratique, le Kishinkaï aïkido demande de guetter ses tensions, physiques et mentales et d’en prendre conscience dans le but de les faire disparaitre. La pratique nous révèle…, il m’est ainsi difficile de tricher sur un tatami.
Ce que cela m’a apporté? Je dirais une connaissance plus fine, plus poussée de ce que je suis vraiment et de ce que j’aimerai être. Ce sont mes défauts en tant qu’humain que l’aïkido m’a révélés. Avant la question ne se posait même pas, je pensais être quelqu’un de bien, maintenant je sais qu’il faut travailler,  » se façonner  » sans relâche. Il faut une bonne dose de travail (rires). Depuis mon regard sur les autres et sur moi-même a changé.

rire et travail, avec Chaymaa
rire et travail, avec Chaymaa

Y a-t-il une personne (vivante ou décédée) qui t’inspire particulièrement ? (Ou un livre, au pire, s’il n’y a personne en particulier ?)

Il y a bien sûr Léo Tamaki dont je suis l’élève. Son rôle est important car il nous guide sur la voie. Ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir un guide dans la vie! Il nous insuffle l’envie de nous dépasser, d’avancer, d’y croire. Que ce soit en nous, en l’avenir ou en l’aïkido. Il va m’être compliqué de lui rendre tout ce qu’il m’a donné et je pense qu’il se sent également redevable de ce genre de dettes envers ses propres maitres. Il nous apprend que la vie c’est recevoir afin de redonner, pour recevoir à nouveau. Et la boucle est bouclée, le cycle peut continuer.
Il y a aussi certains amis, nourrissant mes idées, me conseillant, m’épaulant dans des périodes de doutes. Merci à toi Alix 😉 ta sincérité et ta fidélité me vont droit au cœur et m’ont été utiles. Certains auteurs de livres m’apportent également beaucoup: Paulo Coelho, Bernard Werber, des philosophes comme Krishnamurti. J’ai particulièrement apprécié le livre:  » traditions martiales  » d’Ellis Amdur et son chapitre sur  » les femmes guerrières du Japon « . L’humanisme, la liberté, qui se dégage de ces hommes et de leur façon de penser alliée à cette idée de tolérance m’aident énormément! Certains parcours de vie m’inspirent également, je pense que l’humain a de tous temps, eu besoin de  » héros  » dans le but de s’inspirer de leur vie. De Marie Curie à Gandhi, demandons-nous qui nous voulons être et devenons-le! 😀
Il y a bien sûr mon père, décédé il y a un peu plus de deux ans et que je refuse de décevoir et bien entendu ma mère qui m’apporte un soutien indéfectible, d’une grande fidélité. Merci.

Est-ce que tu vis ton investissement au jour le jour ? Mais dans 10 ans, comment te vois-tu (partage par l’enseignement…, voyages …) ?

J’aimerai beaucoup voyager et être utile. Je t’avoue que j’ai quelques difficultés à me voir dans dix ans. Pour l’instant, disons que je fais confiance à la vie ainsi qu’aux personnes que je rencontre, on peut donc dire que je vis au jour le jour. Concernant l’avenir puisque telle est la question, il est capital d’avoir des rêves, et j’en ai. Alors si je te dis que dans dix ans, j’aimerais parcourir le monde, et par le biais d’outils comme l’aïkido, l’équitation, l’écoute, l’empathie ou je ne sais quoi encore, apporter ma pierre à l’édifice, que c’est comme un appel, tu pourras sourire face à tant de naïveté. L’adulte est un enfant qui a oublié ses rêves! Reconnectons-nous avec eux.

Maintenant, oublions tout ça. Décroche de notre lien martial. Parle-moi juste de toi (un petit texte court. Raconte-moi une blague ou un truc profond. Passe tes nerfs ou donne un coup de gueule. Donne un conseil aux générations futures. Ou fais un hommage à quelqu’un qui compte et t’aide. Une rencontre qui t’a marquée… ). Enfin, lâche-toi. Je veux pouvoir présenter plus avant ta personnalité par un petit texte qui te laisse la parole, voir vraiment qui tu es derrière le masque du parcours et de la pratique.

Tu veux quelque chose de rigolo!?  J’ai souvent l’impression d’être comme Naruto…:-D, quelqu’un d’un peu différent habité par une force colossale. L’enjeu de ma vie va être d’apprendre à la contrôler, afin de rendre au monde ce qu’il m’a donné. Quand je regarde en arrière, je me rends compte que je me suis toujours éclatée…
Je suis  » taillée pour le bonheur « , vraiment!

Marie et Isseï, au dojo d'Herblay
Marie et Isseï, au dojo d’Herblay

Pour suivre Marie :

http://mapostoloff.over-blog.com

Une pertinente présentation du travail de Marie, par Taro Ochaii :

http://kansenkai.com/post/117720105777/stage-kishinka%C3%AF-a%C3%AFkido-avec-marie-apostoloff-le

Vous pourrez également retrouver Marie Apostoloff très prochainement, dans les lignes de subo-subo.

Heureusement, nous ne nous battions pas comme ça !

J’ai récemment regardé RED.

Adaptation Cinématographique de RED
Adaptation Cinématographique de RED

R.E.D. c’est pour Retraité Extrêmement Dangereux. Des retraités de la CIA reprenne du service involontairement mais avec plaisir pour vivre une aventure menée tambours battants par le spécialiste américain de « l’espionnage et châtaignes », Bruce Willis.

Tous les clichés sont là, de ceux du cinéma américain à ceux concernant la CIA. Donc, j’ai doré !

J’ai très vite enchaîné par R.E.D. 2.

Bon, on retombe d’un cran dans la qualité, malgré l’arrivée de nouveaux acteurs de marque, dont le beau gosse de service Byung Hun Lee.

Byung-hun-Lee
Byung Hun Lee dans le rôle de Han Cho Bai, charismatique tueur spécialiste des arts martiaux.

Le personnage de Han Cho Bai est l’un des meilleurs tueurs à gage au monde. Son origine asiatique semble justifier sa pratique martiale.

Il maîtrise donc l’art subtil de tuer en toute discrétion et celui de distribuer des bourres-pif façon kung fu.

Je trouve qu’il y a actuellement de belles originalités quand au style martial employé par les chorégraphes de cinéma. L’aïkido percutant de Steven Seagal, l’arnis de Jeff Imada (que pratique Matt Damon dans La mémoire dans la peau), le muay thaï boran avec Tony Jaa, le judo qui revient un peu dans les film chinois, le krav maga, le wing chun…

Au cinéma, impressionner compte autant que se battre
Au cinéma, l’originalité fait vendre

Du coup, il est un peu dommage de voir et revoir des scènes de combats un peu trop similaires qui font que chasseurs de vampires, gangsters, anges et même Robin des bois sont des pratiquants assidus de kung fu.

Ici, dans RED, le mélange des genres est plutôt sympathique. Il y a le bon vieux boxeur, un peu de jiu-jitsu brésilien, quelques trucs directs et très simples qui sont assez proche de ce qui marche le plus, du kung fu/taekwondo (encore ! mais plutôt bien interprété, si ce n’est que les enchainements sont constamment coupé pour changer de plan).

Des coups de pieds audacieux, ou l'esthétisme prime sur le réel
Des coups de pieds audacieux, ou l’esthétisme prime sur le réel

Quand est-il pour de vrai ?

Je le dis tout de suite, pour la CIA il faut aller voir sur National Géographique. Ce n’est pas mon domaine.

En France, la nécessité de formations assez courtes a toujours incité à rester sur des choses simples, empruntes de bon sens et d’une connaissance de bases des points vitaux principaux. Donc, pas de coup de pieds sautés, de revers retournés…

Depuis le close combat de la seconde-guerre mondiale, les choses ont changé et c’est tant mieux ! Ces 25 dernières années ont vues des réformes régulières des systèmes de combats des hommes de terrain.

La cause n’est pas la rencontre sur le terrain de combattants plus aguerris mais l’augmentation du nombre d’engagés déjà pratiquants d’art martiaux. La démocratisation de nombreuses écoles jusqu’alors confidentielle en France a favoriser cet essor. Les soldats déjà pratiquants ont étudié un panel plus large de techniques.

Il persiste toutefois des techniques qui ne permettent pas d’éviter la blessure si l’adversaire fait montre d’une réelle agressivité ou d’un minimum de sens du combat. Mais les choses sont longues à changer dans nos vieilles institutions.

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Des classiques toujours enseignés, quoi qu’un peu obsolètes en l’état.

Dans les forces spéciales les choses sont un peu différentes. Le taux de ceintures noires y est élevé et les moniteurs ou instructeurs en combat au corps-à-corps sont nombreux chez les sous officiers.

Dans les unités hyperspécialisées (renseignement, opérations spéciales, GIGN…), c’est encore autre chose.

Le GIGN par exemple (que je n’ai pas fréquenté), les stages avec différents enseignants renommés se sont enchainés. Son besoin de techniques explosives d’intervention s’est concentré un temps sur le krav-maga. Maintenant, ce sont les membres eux-même qui se perfectionnent et apportent leurs savoirs aux autres sans qu’il n’y ai besoin de faire appel à des intervenants extérieurs.

Il en était un peu de même pour les unités dans lesquelles j’ai travaillé. Comme tout militaire, nous courrions tous les matins, du footing urbain au raid dans la garrigue. Puis nous alternions ensuite entre la salle de combat et la salle de musculation.

Le combat.

En réalité, nous nous retrouvions au dojo dès qu’un moment de libre le permettait pour combattre ensemble en ju-jutsu brésilien ou en boxe thaïlandaise. Certains étaient dans le civil des compétiteurs aguerris, en free-fight, jissen karate, muay thaï ou encore en judo.

Malgré tout, le gros de l’entrainement restait la boxe. Les techniques de grappling n’avaient pas les faveurs lors des entrainements collectifs. Les raisons ?

La base était la boxe, pour forger l'esprit
La base était la boxe, pour forger l’esprit

Si elles ont démontré leur efficacité au sein de la cage de l’UFC ou sur les rings, il en est tout autres dans des environnements hostiles et accidentés, qu’ils soient urbains ou forestiers.

En un contre un, il est vrai que l’on peut vite se retrouver à s’agripper et se retrouver au sol. Mais cela est à éviter dès que l’on se retrouve à deux contre deux, deux contre cinq…

La perte de verticalité met en position d'inferiorité
La perte de verticalité met en position d’infériorité

Ensuite, le fait de porter sur soi du matériel, sac à dos, poches pleines, ou appareil photo autour du coup change grandement la donne et ne permet plus les mêmes mouvements, Naturellement, on a dans ce cas tendance à mouvoir le corps de façon homo-latérale, bien que ce ne soit pas une composante recherchée ou enseignée. Les pratiquant de karaté ou d’aïkido y sont généralement plus à l’aise, s’ils ne restent pas figés dans leur forme.

Un équipement qui ne permet pas la fantaisie
Un équipement qui ne permet pas la fantaisie

Et le dernier élément à prendre en compte et non le moindre, la présence d’armement, sur soi ou sur les autres. L’utilisation priorisées ou pas des armes à feu, leur présence en main, à la cuisse ou sous la veste sont des critères qui sont peu abordés dans les arts martiaux mais qui étaient primordiaux pour nous.

Pour ma part, j’arrivais avec un bon passif en judo, muay thaï et certains ju-jutsu, où j’étais déjà instructeur.

J’aimais aussi beaucoup l’aïkido que j’avais pratiqué avec d’éminents professeurs, mais maintenant que je ne me consacre quasiment plus qu’à cette discipline (avec le sabre et quelques autres douceurs…), je me rends compte que je n’y avait rien compris, me contentant d’utiliser seulement les axes et les leviers, qui ne sont qu’une toute petite partie de la base de la compréhension de cet art.

Cependant, à cette époque, le plus gros de ma pratique martial et de ma forme de corps étaient celles étudiées au sein des dojos de Shorinji Kempo, ce qui, malgré la rigueur des formes, me permettait de m’adapter facilement à tout nouvel enseignement ou nouvelle situation.

Technique de contrôle du Shorinji Kempo
Technique de contrôle du Shorinji Kempo

Il n’y a donc pas de style exclusif retenu car c’est à chacun de se former en plus des stages spécifiques et d’ainsi venir enrichir les autres de ses expériences. Les qualités de l’individu priment sur le style martial.

Et quel individus ! M’entrainer avec eux m’a donné une approche très particulière du combat ou de comment appliquer une technique en situation réelle. Si la discrétion est parfois de mise, et j’ai moi-même pu par la suite mettre au point et enseigner tout un panel de techniques discrètes qui même filmées ne font pas montre d’agressivité, l’essentiel de nos entrainement est de nous amener à une rusticité de corps et à un esprit inflexible.

Ne pas reculer, frapper, saisir, tordre, pousser, déséquilibrer, se servir de n’importe quel objet, peu importe le moyen, le but n’est pas de gagner, c’est de ne jamais perdre.

Vincent Cassel, dans un style improvisé et expéditif, au cinéma.
Vincent Cassel, dans un style improvisé et expéditif, au cinéma.