Musashi Miyamoto et la quête de soi.

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J’ai lu il y a peu un article de mon enseignant d’Aïkido sur la dernière adaptation en date de l’oeuvre de Yoshikawa Eiji relatant la vie du plus fameux bretteur du japon, Miyamoto Musashi.

Dans ma voie martiale comme dans mon évolution sociale, le roman de Yoshikawa a pris une place d’importance.

Parlant comme une vraie racaille et avec une moyenne en orthographe proche de 0, je faisais la pénible expérience du redoublement de ma première année de collège. La stimulation intellectuelle était continue à la maison, comme par exemple avec l’obligation pour chacun de pratiquer un art martial et de jouer aux Echecs ou aux Dames, mais j’étais un enfant qui fuyait le domicile dès que possible, allant même jusqu’à passer les nuits dans la rue ou en forêt en faisant croire que je dormais chez un copain. La vie entre Mantes la Jolie et les Mureaux n’a d’abord pas motivé mon intérêt pour la culture et encore moins pour la littérature.

Cependant, j’ai été très tôt passionné par l’univers japonais, souvent caricaturé, que je retrouvais partiellement dans les dojos de Judo, de Shito-ryu (forme de karatedo) ou d’Aïkido. Incité par mon éternel partenaire d’entrainement, Matthieu, qui est également le fils de mon second enseignant (en judo et jiu-jitsu, le premier ayant été Roland Hernaez à l’âge de six ans) j’ai décidé de lire l’histoire de ce fameux Miyamoto Musashi.

Je me suis attelé à la tâche avec ferveur et j’ai dévoré dans l’été les deux volumes de son édition française : La pierre et le sabre, La parfaite lumière.

 

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Comme pour Don Quichotte, mais en mieux à mes yeux de jeune guerrier, j’y trouvais un personnage haut en couleur et son alter égo, fainéant et bien plus peureux.

 

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Mais surtout, si je n’ai jamais vraiment été fan d’une personnalité ou d’une star, j’adoptais tout de suite ce modèle de conduite et de travail de l’esprit pour arriver à atteindre mes objectifs dans la vie.

Durant l’année scolaire qui suivi, mes notes dépasseront toutes mes attentes en français. La lecture avait été le déclic de ma mémoire de l’orthographe et de ma compréhension de bien des choses.
Après ces deux blocs, plus aucun livre ne m’a impressionné ou rebuté de par sa taille. Et je me suis mis à en dévorer pas mal.

Côté pratique, je n’ai plus jamais douté de ma voie. Si je suis beaucoup passé d’un dojo à un autre au cours de ma vie, cela a été pour comprendre l’essence de la pratique. D’abord en essayant de me constituer un éventail technique le plus large possible. N’étant pas très fort physiquement et étant vite blessé, j’essayais de compenser ce manque par le travail technique. Puis, comprenant que je n’étais pas sur la bonne voie, j’ai recherché le point commun à tout ça : les principes inhérents à l’utilisation de mon corps, le but de chaque pratique et ce qu’elle entrainait sur le long terme.

Sans chercher à me prendre pour Miyamoto Musashi, je souhaitais transformer le Takezo que j’étais en quelque chose de plus accompli et de plus subtil. Le roman de la vie de ce personnage m’a beaucoup aidé à avancer dans cette voie. Le seul ouvrage écrit par Musashi, le traité des cinq roues, est devenu un support de réflexion très important. Loin d’en comprendre encore toutes les nuances et subtilités, cela m’éclaire sur beaucoup de sujets dans mon quotidien.

J’ai ensuite fait une rencontre qui a vraiment marqué ma vie, celle avec Issei et Leo Tamaki. Leo était très développé musculairement mais je ne sentais absolument aucune force dans ses techniques. J’étais juste aspiré et je tombais. Je voyais en Leo celui qui incarnait le mieux à mes yeux le Samouraï et son l’héritage martial.

Comme je le confiais récemment à Issei, je voyais un samouraï bouger quand je regardais Leo pratiquer tandis que je voyais le sabre derrière chaque mouvement d’Issei. Il me dit: « j’ai réussi à effacer le samouraï en moi, il ne me reste plus qu’à effacer le sabre ».

 

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Kogaratsu, par Michetz

 

Ces hommes sont vraiment très perturbants et tellement enrichissants. Il est pour moi un vrai plaisir de me sentir comme un gamin débutant dans leurs cours. Après un taïkaï où je rencontrais de nombreux enseignants et maîtres de diverses disciplines, Leo m’a demandé si tout allait bien pour moi. Je répondis que « oui, toutes ces disciplines m’étaient très accessibles et faciles à pratiquer, en raison de mon background éclectique, et que l’Aïkido Kishinkaï restait ma seule zone d’inconfort et que c’était pour cela que je m’y plaisais ».

J’ignore ce que c’est que de se comporter comme un maître de budo. Mais Leo est l’une des personnes les plus humaines et sincèrement ouvertes que je connaisse. J’en ai fait mon maître et je suis heureux d’être devenu son ami. À partir de cette rencontre, qui a été la plus importante dans mon périple martial, j’ai compris véritablement où je voulais aller dans le Budo et dans ma vie.

Fermant la boucle de cette petite histoire, je relayais le post de Leo en me rappelant toutes mes lectures sur le sujet. Et mes rencontres dans les écoles héritières du samouraï.

 

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Matsuura Masato, par Jérôme Liniger, studio irrésistible

 

Cette nouvelle série utilise des codes contemporains qui forcément ne correspondent pas à notre vision moins profane. Cependant, je pense que cela permettra très probablement de toucher et d’intéresser une nouvelle génération. S’ils peuvent à leur tour s’inspirer de la vie de Miyamoto Musashi pour faire évoluer la leur, quel que soit le support et la fiction ajoutée ce sera une bonne chose.

 

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De mon côté, cela a été comme une piqure de rappel. Je me suis enfin décidé à me lancer dans la tenue d’un blog afin de partager mon expérience, essuyer les critiques et participer aux réflexions communes sur les pratiques martiales et sportives, les moyens d’y progresser, leurs limites physiques et mentales et les moyens de les repousser.

 

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Mutsuo Koga, AFP/Toshifumi Kitamura

Quelques liens et lectures complémentaires sur le sujet :

http://www.musashi-miyamoto.net/qui-est-musashi-miyamoto.html

http://nitenichiryu.wordpress.com/

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